À partir de novembre 2026, les internes de médecine générale entreront dans une 4ᵉ année de DES (phase de consolidation) avec le statut de Docteur junior.
L’objectif : renforcer leurs compétences sur les situations complexes, la coordination des parcours et la préparation à l’exercice, en médecine générale ambulatoire.
Cette page s’adresse aux médecins du territoire essonnien qui envisagent d’accueillir un Docteur junior : cadre, organisation, supervision, rémunération, démarches et calendrier.
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Qu’est-ce qu’un Docteur junior en médecine générale et à quoi sert la 4ᵉ année du DES ?
Le Docteur junior correspond à la phase de consolidation, c’est-à-dire la 4ᵉ année du DES de médecine générale, instaurée par la réforme nationale.
Le DES est désormais structuré en trois temps :
une phase socle (SOC),
une phase d’approfondissement (2 ans),
une phase de consolidation (Docteur junior).
Cette 4ᵉ année vise à renforcer la professionnalisation des futurs médecins généralistes : prise en charge de patients complexes et polypathologiques, coordination des parcours, organisation d’un cabinet, santé numérique, santé environnementale, psychothérapie, et intégration dans un territoire de soins.
L’objectif est de faciliter une installation plus rapide et plus sécurisée à l’issue du DES.
Qui sont les premiers Docteurs juniors et quand arrivent-ils sur le territoire ?
Les premiers Docteurs juniors concernés sont les internes entrés dans le DES de médecine générale en 2023.
Ils débuteront leur phase de consolidation en novembre 2026.
Cette phase se déroule en deux stages de 6 mois, idéalement sur le même lieu d’exercice, même si le choix de stage est renouvelé tous les six mois via la plateforme nationale.
Quel est le statut du Docteur junior et comment est-il rémunéré ?
Le Docteur junior a un statut salarié.
Il n’est pas remplaçant et ne relève pas d’un exercice libéral classique.
Il dispose d’une carte professionnelle de santé (CPS) spécifique, qui permet d’identifier distinctement ses actes et prescriptions.
La rémunération comprend :
2 375 € brut par mois (émoluments),
5 000 € par an de prime à l’autonomie,
+ 1 000 € par mois en cas d’exercice en zone ZIP,
500 € par semestre si l’activité dépasse 200 actes par mois.
Comment sont facturés les actes du Docteur junior et quel est l’impact pour le cabinet ?
Les actes du Docteur junior sont :
facturés en tiers payant,
au tarif conventionné, sans dépassement d’honoraires.
La répartition est la suivante :
la part AMO est versée directement à l’Assurance Maladie, dans une enveloppe dédiée au financement de la réforme ;
la part AMC (ticket modérateur) est perçue pour le compte du maître de stage, et constitue désormais le principal levier financier d’accueil du Docteur junior.
==> Ce mécanisme remplace la prime forfaitaire initialement envisagée.
Que perçoit concrètement le médecin accueillant (PAMSU) ?
Le médecin accueillant perçoit :
le ticket modérateur lié à l’activité du Docteur junior (part AMC),
des honoraires pédagogiques de 600 € brut par mois, versés par l’UFR,
une prime territoriale de 800 € par mois si le PAMSU exerce en zone ZIP, ZAC ou QPV.
==> À titre indicatif : un niveau d’activité d’environ 211 consultations par mois permet d’atteindre un équivalent de 1 200 € mensuels via le ticket modérateur.
Que se passe-t-il si l’activité est faible, la patientèle très exonérante ou en cas d’absence du Docteur junior ?
Si la patientèle comporte une forte proportion de situations exonérantes (ALD notamment), la part liée au ticket modérateur peut être plus faible.
Des indemnités compensatoires ont été évoquées par la ministre (les textes sont en attente de parution):
300 € par mois si plus de 50 % de la patientèle est exonérante,
600 € par mois au-delà de 63 %.
En cas d’absence prolongée du Docteur junior (arrêt long), une compensation pouvant aller jusqu’à 1 200 € par mois est discutée.
Ces dispositifs restent susceptibles d’évolution.
Comment s’organise concrètement le stage (rythme, nombre de jours, activité) ?
Le stage comprend :
3 ou 4 jours de soins par semaine, sur un même lieu de stage,
1 journée hebdomadaire pédagogique, dédiée aux enseignements universitaires et au projet professionnel.
L’activité recommandée est de 15 à 25 consultations par jour, avec une attention portée à la constitution d’une file active de patients chroniques et complexes.
Un plafond indicatif de 2 400 actes par semestre a été évoqué.
À quoi correspond la “4ᵉ journée” et comment la construire sur le territoire ?
Lorsque le cabinet ne peut proposer que 3 jours de soins, une 4ᵉ journée peut être organisée :
en coordination territoriale (CPTS, projets de santé),
ou en activités de soins complémentaires (PMI, EHPAD, santé sexuelle, prévention…).
Cette journée doit être définie en amont, cohérente avec les 3 jours de soins, et intégrée à la présentation du terrain de stage.
Qui définit la 4e journée ?
La 4e journée est définie en amont dans le package de stage proposé par le maître de stage.
–> Ce n’est donc pas le Docteur junior qui choisit sa 4e journée, mais le MSU qui construit et présente une organisation cohérente dès le dépôt de l’offre.
Selon les facultés :
certaines acceptent que cette 4e journée varie au fil des semaines,
d’autres sont plus strictes sur la stabilité de l’organisation (une maquette multisite reste envisageable si elle est clairement définie et validée en amont par la faculté.)
Une logique de “banque de missions territoriales”, co-construite avec les CPTS, est encouragée. Elles devront être validées par les DUMG.
🔹 Peut-on accueillir uniquement la 4e journée ?
Une réflexion est en cours concernant la mise en place d’une formation spécifique pour les médecins n’accueillant que la 4e journée (ex : médecins de PMI).
Les modalités exactes dépendront des facultés et des validations pédagogiques.
Quelles sont les obligations du maître de stage et les règles de supervision ?
Le maître de stage doit :
pouvoir accueillir le Docteur junior 6 à 8 demi-journées par semaine,
mettre à disposition le matériel et les outils nécessaires,
être disponible pour la supervision.
NB : Les MSU rencontrant des difficultés de locaux peuvent se rapprocher de l’URPS Médecins, qui propose un accompagnement dans la recherche de solutions.
La supervision
La supervision d’un docteur Junior est indirecte. Un temps dédié doit être programmé. A la différence d’un interne de niveau 2 où tous les dossiers sont revus , seuls ceux sélectionnés par le DJ sont supervisés.
Les visites à domicile et interventions en EHPAD sont possibles dans ce cadre.
Il n’est pas possible que la structure accueillante ne dispose pas de MSU sur place.
La présence physique du maître de stage dans les locaux est obligatoire.
–> La supervision à distance n’est pas autorisée.
MSU formé mais sans expérience d’accueil
Un maître de stage universitaire (MSU) formé mais n’ayant jamais accueilli d’interne peut, selon les facultés, accueillir un Docteur junior.
–> Une tolérance est annoncée pour la première année de mise en œuvre du dispositif, sous réserve de validation par la faculté.
Responsabilité médicale, prescriptions et arrêts de travail : qui est responsable de quoi ?
Le Docteur junior dispose d’une CPS distincte, permettant d’identifier clairement ses prescriptions (arrêts de travail, traitements, etc.).
Il existe une responsabilité partagée : la responsabilité personnelle du Docteur junior peut être engagée, sans exclure celle du maître de stage.
Il est recommandé de vérifier sa couverture assurantielle (RCP).
Concernant les arrêts de travail, la traçabilité par CPS permet de distinguer les pratiques, et les procédures de contrôle restent exceptionnelles.
Horaires, samedis, MSP : quelle souplesse est possible ?
Une certaine souplesse est possible si elle est annoncée clairement dans la présentation du stage :
horaires tardifs en MSP,
travail occasionnel le samedi (avec récupération en semaine).
- Le PAMSU peut participer à la supervision du Dr Junior dans le cadre de la PDSA, mais ne peut pas lui imposer de participer au dispositif.
Le principe reste le bon sens pédagogique : le Docteur junior est en formation, pas en remplacement déguisé.
Peut-on accueillir d’autres étudiants en même temps ou un Docteur junior déjà connu ?
Pour optimiser les conditions d’encadrement, il est conseillé de ne pas dépasser 2 étudiants accueillis en simultanée. Néanmoins, la cumul d’externes, internes, DJ est possible s’il est réparti sur la semaine.
Il est également possible et encouragé d’accueillir un Docteur junior déjà connu (ancien N1/N2), notamment dans une logique de continuité de parcours, d’installation ou de succession.
Quelles démarches pour accueillir un Docteur junior et dans quels délais ?
Les principales étapes sont :
se déclarer volontaire et se rapprocher de la faculté de rattachement ;
suivre la formation à la maîtrise de stage, puis la formation spécifique Docteur junior (3 heures en distanciel)
obtenir l’agrément et préparer la présentation du terrain de stage ;
déposer l’offre sur la plateforme nationale avant l’été 2026.
Les délais sont resserrés : les démarches doivent être engagées dès le premier semestre 2026 pour un accueil en novembre.



